Table régionale des centres de femmes de
Montréal métropolitain/Laval

ON NE JOUE PAS AVEC LES DROITS DES FEMMES!
Pour des engagements concrets des candidats et candidates

Montréal, le 17 septembre 2008

Dans le cadre de l'actuelle campagne électorale fédérale, la Table régionale des centres de femmes de Montréal métropolitain/Laval (TRCFMML) demande des engagements concrets des candidates et candidats aux élections sur leurs positions quant au libre choix des femmes et contre la re-criminalisation de l'avortement.

Dans le contexte général de la montée de la droite et du fait que dans beaucoup de pays l'avortement est illégal, les centres de femmes de la région de Montréal et Laval sont inquiets. D'autant plus inquiets du fait que plusieurs projets de loi menaçant les droits et les acquis des femmes ont été présentés lors du dernier mandat du gouvernement conservateur. Les centres voient dans ces projets de lois des atteintes graves aux droits des femmes à disposer de leur corps. A-t-on oublié que nous venons à peine de souligner cette année les 20 ans de la décriminalisation de l'avortement au Canada?

Actuellement, quatre projets de loi ont été déposés à la Chambre des Communes : le projet de loi C-338 qui vise à interdire un avortement après 20 semaines de gestation, le projet de loi C-543 qui veut qu'une infraction contre une femme enceinte soit considérée comme une circonstance aggravante dans la détermination de la peine, le projet de loi C-537 pour la protection du droit de conscience des professionnels de la santé et le projet de loi C-484, loi sur les enfants non encore nés victimes d'actes criminels. Toutes ces lois visent à réduire l'accessibilité à l'avortement et sont une attaque directe aux droits des femmes!

La TRCFMML se joint donc au mouvement féministe et progressiste contre tout projet visant à rouvrir le débat sur le droit à l'avortement et les centres seront présents le 28 septembre prochain lors de la manifestation " NON À LA LOI C-484! On ne joue pas avec les droits des femmes! "

La TRCFMML regroupe 18 centres qui oeuvrent dans plusieurs quartiers montréalais et à Laval. Les centres de femmes sont des ressources féministes qui offrent des services d'aide ainsi que des activités éducatives aux femmes, tout en favorisant l'autonomie et l'atteinte de l'égalité entre les sexes.

C'est au nom de milliers de femmes que la TRCFMML exige que les candidats et candidates prennent position publiquement contre toutes atteintes aux droits des femmes, particulièrement en faveur du libre-choix, et s'engagent concrètement auprès de leurs collègues et auprès des électeurs et électrices à contrer toute loi ou tout projet visant à rouvrir le débat sur le droit à l'avortement.

Les centres de femmes continueront à lutter à l'amélioration des conditions de vie des femmes du monde entier. Les centres refusent de revenir en arrière avec des projets de loi rétrogrades et de droite qui ne respectent pas les femmes!


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Communiqué du Centre des femmes d'ici et d'ailleurs
" Meurtre de Freddy Villanueva "

Montréal, le 18 août 2008

Au Centre des femmes d'ici et d'ailleurs, nous souhaitons offrir nos condoléances et notre solidarité à la famille Villanueva. La mort de Freddy n'est que le début d'un long processus de deuil d'une perte immense. Nous manifestons également notre solidarité aux blessés et à leur famille, ainsi qu'aux habitantEs de Montréal-Nord. Nous déplorons et réprimandons les tragiques événements qui ont eu lieu la nuit du 9 août dernier.

Nous dénonçons que ce soit la Sûreté du Québec (SQ) qui soit en charge de l'enquête : un corps policier qui enquête un autre corps policier est complètement arbitraire. D'autre part, nous trouvons cela totalement injustifiable que les policiers impliqués dans ces événements n'aient pas été interrogés assez rapidement après les événements, quoique déjà plus de 70 témoins avaient été interrogés. Pourquoi ce délai de près d'une semaine ? Cela permettrait-il au corps policier de se consulter et de s'organiser afin que leurs dépositions soient cohérentes avec celles des autres agents ? D'après le COBP (Collectif opposé à la brutalité policière), sur 43 cas d'homicides perpétrés par un policier ou une policière du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) depuis 1987, seulement cinq policiers ont été accusés, deux ont ensuite été acquittés.

Une tragédie de trop qui témoigne du profilage racial que vivent les personnes " racisées " et du traitement quotidien discriminatoire que peuvent subir les adolescentEs. De la stigmatisation basée sur la couleur de leur peau, leurs vêtements, leur âge, etc.

Un autre point que nous souhaitons dénoncer est l'absence de formation en interculturel à l'École nationale de police du Québec, à Nicolet. Nous exigeons que la notion d'interculturalité se reflète à travers le curriculum de cette formation technique, et non une journée de formation pour pallier à cette omission comme le fait le SPVM. Dans notre Québec toujours de plus en plus multiculturel, il est primordial que le corps policier soit outillé à mieux comprendre les réalités et enjeux sociaux, afin de déconstruire les attitudes et approches discriminatoires et racistes qui malheureusement persistent toujours en 2008. Il est grand temps de terminer la dichotomie " eux /nous " : ces événements manifestent de notre réel besoin d'un projet sociétal unificateur au Québec, où toutes les femmes et tous les hommes d'ici et d'ailleurs seraient appeléEs à le définir.

Pour terminer, nous souhaitons que réelle justice soit faite. Comme le mentionne le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), c'est la 43e fois depuis 1987 que le SPVM tue unE citoyenNE. Nous demandons qu'une enquête publique et indépendante soit réalisée, afin que la lumière soit faite sur cette déplorable situation, qui, nous l'espérons, ne se reproduira plus.

Centre des femmes d'ici et d'ailleurs